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<< retourComment former les futurs managers ? - 14/10/2009
Faut-il remettre en cause les modèles de formation des dirigeants ? Éléments de réponse avec Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC Paris, et Pascal Morand, directeur général d’ESCP Europe, deux écoles qui forment les dirigeants de demain.
Les grandes écoles, qui forment les dirigeants, ont-elles une part de responsabilité
dans la crise ?
Bernard Ramanantsoa : Les business schools françaises ont peut-être leur part de responsabilité, mais si elles étaient responsables de la conjoncture économique, il aurait fallu s’en rendre compte cinq ou six ans plus tôt, au moment où l’économie était en pleine croissance et que les dividendes explosaient. Il me semble un peu facile de chercher maintenant un bouc émissaire.
Pascal Morand : La crise est bel et bien celle du système. Nous devons garder à l’esprit que des bouleversements majeurs sont survenus ces dernières années. La mondialisation, qui s’est affirmée après la révolution des technologies de l’information et de la communication, et la fragmentation des chaînes de valeur ne sont pas de la responsabilité d’une seule et même personne, mais de tout le monde.
Comment doivent évoluer les écoles de management ?
P. M. : Nous sommes tous en quête de développement durable, et les écoles doivent y contribuer. Elles doivent éviter les cours rapidement périssables et les discours idéologiques. Les cours doivent être à la pointe du savoir, préparer les étudiants à inventer demain de nouvelles approches et à résoudre de nouveaux problèmes.
B. R. : Nous devons poursuivre nos efforts de recherche. Nous devons convaincre scientifiquement nos élèves qu’une perspective à long terme n’est pas une succession de décisions à court terme, leur montrer, chiffres en main, l’importance de l’économie réelle, pour éviter que les futurs dirigeants ne se laissent à nouveau emporter, dans quelques décennies, dans les à-peu près portés par les idéologies ambiantes.
Ne pensez-vous pas que les étudiants apprennent davantage à utiliser des outils qu’à les fabriquer ?
B. R. : Plus ils étudieront dans des institutions pratiquant la recherche et plus ils pourront pratiquer le raisonnement analogique nécessaire à la construction des nouveaux outils.
P. M. : Nous devons prendre de plus en plus de recul et privilégier les têtes bien faites par rapport à celles bien pleines. Par-delà les connaissances rationnelles extrêmement pointues, nous savons que l’imagination, l’innovation, la capacité à rebondir, les qualités entrepreneuriales et la créativité, nourries par l’histoire et la culture, sont fondamentales.
Source : Courrier du Grand Paris – septembre 2009
> Retrouvez la vidéo et les articles sur le colloque “Scénarios pour une sortie de crise”, organisé en partenariat avec Le Monde, sur le site www.ccip.fr