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Enquête européenne sur l’apprentissage - 17/12/2008


95% des entreprises allemandes, françaises et britanniques considèrent que l’apprentissage est le meilleur moyen de former les jeunes aujourd’hui.
La CCIP a souhaité réaliser une enquête sur l’apprentissage auprès des entreprises de trois pays européens, l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne, afin de mieux comprendre quelles en étaient les perceptions et les pratiques nationales et quelles étaient leurs positions sur la mobilité européenne des apprentis.
Les résultats de l’enquête montrent que si les entreprises des trois pays connaissent et plébiscitent, à plus de 95%, l’apprentissage comme « le meilleur moyen de former les jeunes aujourd’hui », elles manifestent des perceptions et des pratiques souvent différentes parce que liées à des histoires et des organisations elles même différentes dans chacun des pays.

Le bénéfice de l’apprentissage pour les jeunes, un terrain de convergence
Les entreprises des trois pays répondent de façon similaire et quasi unanime sur l’intérêt que représente l’apprentissage pour les jeunes : elles estiment à plus de 90% que « l’apprentissage est le mode de formation qui développe le plus l’autonomie des jeunes » et qu’il « offre les meilleures chances d’obtenir un emploi ». Elles sont également d’accord, à plus de 80%, pour dire que l’apprentissage « offre les meilleures chances d’obtenir un diplôme de bon niveau » et rejettent à 85% l’idée que « l’apprentissage est surtout fait pour les jeunes en échec scolaire ». Elles sont également unanimes pour considérer à 90% que « l’apprentissage est réservé à des jeunes qui ont une motivation ou une vocation préalable ».

Le bénéfice de l’apprentissage pour l’entreprise, la France plus en retrait
Dans leur ensemble, les entreprises des trois pays considèrent que l’apprentissage leur est bénéfique. Toutefois, les entreprises françaises se situent légèrement en retrait puisqu’elles ne sont que 76% à déclarer qu’il « est le mode de formation qui répond le mieux aux besoins de l’entreprise » alors que celles d’Allemagne et de Grande Bretagne se positionnent respectivement sur cette proposition à 92% et 95%. De la même façon, les responsables de recrutement français déclarent à 76% que «l’apprentissage permet de disposer d’un employé supplémentaire quand on a des difficultés à recruter» alors que leurs homologues allemands et britanniques assument cette position à 86% et 90%.

Trois visions de l’apprentissage proches mais nuancées
Les entreprises des trois pays convergent à plus de 90% sur le fait que « l’apprentissage est le dispositif de formation le plus efficace pour l’insertion professionnelle des jeunes ». Par contre, des nuances apparaissent entre les pays sur leurs visions de la nature des formations en apprentissage, le type d’entreprises auxquelles ce mode de formation est adapté et l’organisation de l’apprentissage.

Réticences des Allemands sur le développement de l’apprentissage pour les formations supérieures
Les Allemands considèrent ainsi que l’apprentissage est « plutôt réservé aux métiers d’ouvriers et d’employés » et sont mitigés sur la proposition qui consisterait à « développer ce mode de formation pour les formations supérieures (55% d’accord contre 93% pour les entreprises britanniques et 87% pour les entreprises françaises).

Positions mitigées de la France et de l’Allemagne sur la question de la taille de l’entreprise
Les entreprises françaises et allemandes considèrent à 50% que l’apprentissage « est plus adapté aux petites entreprises qu’aux grandes entreprises » alors que les britanniques considèrent à 72% qu’il n’y a pas de différence.

Des Français plus critiques sur l’efficacité de l’organisation de l’apprentissage dans leur pays
Les Anglais et les Allemands manifestent une satisfaction claire sur la question de l’organisation du dispositif de l’apprentissage dans leur pays (système éducatif, état, région, entreprises) puisqu’ils le plébiscitent à 95% et 84%. Les français sont les plus critiques avec 29% d’insatisfaits et, quand même, 64% de satisfaits.

Les points forts de l’apprentissage : des représentations nuancées
Cinq affirmations étaient proposées aux interviewés :
- L’apprentissage permet de développer un vivier de compétences
- L’apprentissage est un moyen efficace de pré-recrutement
- L’apprentissage est un moyen pour l’entreprise d’assumer son rôle de formation des jeunes
- L’apprentissage est un moyen de renforcer ses effectifs à un coup abordable
- Un apprenti apporte une connaissance utile des dernières innovations techniques

La France positionne, en premier, le vivier de compétences, le pré-recrutement et le rôle de formation de l’entreprise.
La Grande Bretagne positionne, en premier, le pré-recrutement, le vivier de compétences et le renforcement des effectifs à un coût abordable.
L’Allemagne, quant à elle, préfère le pré-recrutement, l’apport de dernières innovations technologiques et le vivier de compétences.

Les points négatifs perçus de l’apprentissage : Allemagne et France d’un côté, Grande Bretagne de l’autre
Les recruteurs français et allemands mettent en avant le problème « du temps d’encadrement nécessaire à l’apprentissage », le fait que « l’apprenti perturbe l’organisation du service » et le fait que « les apprentis ont du mal à mener de front enseignement théorique et vie professionnelle ».
Les recruteurs britanniques mettent plutôt en avant le fait qu’ils ont du mal à « identifier en interne le personnel qui encadre » (alors que ce n’est pas considéré comme un frein par les français et les allemands) et le fait que « l’entreprise n’est pas assez présente dans la pédagogie des écoles ». On retrouve, tout de même, ce dernier point négatif en quatrième position chez les recruteurs français et en troisième position chez les allemands.

Les leviers possibles pour favoriser l’apprentissage : des différences entre la France et la Grande Bretagne d’un côté et l’Allemagne de l’autre
Pour les Français et les Britanniques, « améliorer l’image de l’apprentissage auprès des jeunes et des familles « arrive en tête des leviers proposés. Faire de même auprès « des entreprises et des DRH » arrive en second pour les français et « développer l’apprentissage pour les formations supérieures » en second pour les Anglais.
Pour les recruteurs allemands les deux leviers prioritaires sont « simplifier les formalités administratives » et « faciliter le financement de l’apprentissage », alors que ces deux éléments se situent en dernière position pour leurs homologues européens.

La mobilité internationale des apprentis : une démarche embryonnaire
Seulement 1,7% de Français, 3,1% de Britanniques et 4,2% d’Allemands ont envoyé des apprentis à l’étranger et 1,7% de Français, 5% de Britanniques et 6% d’Allemands en ont reçus.
Pourtant les recruteurs français, britanniques et allemands sont unanimes à plus de 80% à considérer que cette mobilité est directement utile au parcours professionnel des apprentis, au développement international des entreprises.
Les Français et les Anglais pensent, également, à plus de 70% que « les entreprises même celles qui ne sont pas internationales doivent contribuer à la mobilité des apprentis » alors que les Allemands sont un peu plus mitigés avec 63% de réponses.
Concernant la mobilité internationale des apprentis, les français déclarent que le principal obstacle est le problème de « la pratique des langues étrangères », les anglais, « les mentalités » et les allemands, encore une fois, « le financement de la mobilité ».

Les pratiques de l’apprentissage : des réalités plurielles et l’Allemagne en avance
Parmi les entreprises interrogées en France, 33% déclarent avoir recours à l’apprentissage. Elles sont 30% en Grande Bretagne et 60% en Allemagne.
En Allemagne, les apprentis sont le plus souvent âgés de 16 à 18 ans alors qu’en France et en Grande Bretagne ils ont plutôt de 19 à 21 ans.
Les apprentis ont plutôt un niveau secondaire, plus fortement en France avec une présence de ces apprentis à hauteur de 70% contre 55% en Allemagne et 48% en Grande Bretagne.
Les entreprises allemandes sont celles qui en emploient le plus, puisqu’ils représentent au moins 1% de l’effectif dans 95% des entreprises. En France, ils représentent moins de 1% des effectifs dans 30% des entreprises mais ils comptent pour plus de 10% dans 25% des entreprises. En Grande Bretagne, les apprentis représentent rarement plus de 5% des effectifs d’une entreprise.

Source : Enquête CCIP / Infraforces - Décembre 2008

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