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Intégrer un salarié handicapé: enjeux et atouts - 01/10/2008


Avec l’entrée en vigueur de la loi du 11 février 2005, le recrutement des personnes en situation de handicap est devenu un enjeu stratégique pour les entreprises. Selon une enquête de l’Agefiph, 93 % des entreprises qui ont recruté un handicapé s’estiment satisfaites. Pourquoi pas la vôtre ?


RECRUTER DES COMPÉTENCES
« Le recrutement des conducteurs est une vraie difficulté pour les sociétés de transports. En 2000, j’ai frappé à toutes les portes pour trouver des candidats, mais j’avoue que je n’aurais jamais songé aux travailleurs handicapés. La proposition du réseau Cap Emploi a été une véritable aubaine et je l’ai acceptée sans le moindre a priori ». Le témoignage de Stéphanie Chardon, DRH de la société Savac, est sans équivoque : recruter une personne handicapée, c’est avant tout se doter de compétences utiles. « Les dirigeants qui ne recrutent pas oublient souvent que 80 % des handicaps sont acquis au cours de la vie. Après un accident, un ingénieur reste un ingénieur », constate Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Un problème cependant : un demandeur d’emploi handicapé sur deux a un niveau CAP ou moins. Mais les formations existent et les handicapés bénéficient de plus d’aides à la formation que les salariés valides. « Une entreprise peut également recruter et former en interne : cela se fait déjà dans la banque et le bâtiment. »

CE QUE DIT LA LOI
Votre entreprise compte au moins 20 salariés ? Si moins de 6 % de votre effectif présente un handicap, vous devez verser une contribution, pour chaque personne handicapée manquante, à l’Agefiph, le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Son montant a été réévalué à la hausse depuis la loi de février 2005 : 400 fois le smic horaire brut pour les entreprises de 20 à 199 salariés, 600 fois pour celles de 750 salariés et plus ! Efficace : en vingt ans, le nombre annuel d’embauches a été multiplié par 20. Mais le taux de chômage des handicapés (17 %) reste encore deux fois plus élevé que le taux de chômage global. Et pour cause : aujourd’hui sur 100 000 entreprises concernées, seule la moitié se conforme complètement à la règle.

DES COLLABORATEURS MOTIVÉS
Embaucher un handicapé n’est pas un handicap… au contraire ! Selon les dirigeants qui ont recruté, les salariés concernés sont souvent plus fidèles que les autres et déploient des trésors de performance. « Ils composent avec leur environnement en permanence. De ce fait, ils développent des qualités relationnelles remarquables et représentent un atout dans une équipe », note Pierre Blanc. Un atout qui prend encore plus de sens quand le nouveau collaborateur est handicapé mental.


QUEL COÛT ?
Actuellement, 95 % des 23 000 entreprises qui ne comptent aucun salarié handicapé sont des PME de 100 personnes. « Les dirigeants estiment souvent qu’ils ne pourront pas financer les travaux nécessaires pour rendre leurs locaux accessibles, explique Pierre Blanc. Ils oublient que l’Agefiph peut participer pour tout ou partie de ce financement. » Ils ignorent également que seuls 15 % des recrutements de travailleurs handicapés exigent un aménagement de poste ! Dans le cas d’une déficience intellectuelle, il faut juste prévoir un bon encadrement humain. Dernière chose à savoir : recruter un handicapé ouvre droit à tous les contrats aidés classiques, mais offre des avantages supplémentaires : prime à l’insertion de 1 600 euros pour la signature d’un CDI ou d’un CDD de douze mois, aide au tutorat (23 euros de l’heure)…

LES ALTERNATIVES
Pour réduire votre contribution annuelle, vous pouvez également sous-traiter une partie de votre activité à des établissements ou services d’aide par le travail (Esat), ou aux centres d’aide par le travail (CAT). Ces entités emploient des personnes handicapées, pas assez autonomes pour travailler en milieu ordinaire. Elles peuvent effectuer des travaux simples : mise sous pli, reprographie… Au-delà du recrutement, vous pouvez également agir pour maintenir dans l’emploi vos salariés devenus handicapés. Sollicitez des aides auprès de l’Agefiph.

Dossier réalisé pour le Courrier du Grand Paris par Muriel Roy


RECRUTER, MODE D’EMPLOI
Première étape : demandez un diagnostic conseil à l’Agefiph. Un audit interne, gratuit, qui révèle souvent bien des surprises… « Quand une entreprise adopte cette démarche, certains salariés dévoilent des handicaps qu’ils cachaient jusqu’alors… car ils se sentent en confiance ! », explique Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph. Il est sûr qu’une ancienne coiffeuse, allergique aux produits chimiques, reconvertie en assistante commerciale, n’a aucune raison de déclarer son handicap à son employeur… L’Agefiph prévoit de rendre visite à chacune des 23 000 entreprises sans salarié handicapé d’ici 2010.

Pour trouver des candidats, les adresses ne manquent pas : l’ANPE, le réseau Cap Emploi qui regroupe 118 organismes de placements spécialisés, le site www.hanploi.fr… Mais également l’espace emploi gratuit du site de l’Agefiph, les agences d’intérim : Adecco, Adia, Creyf’s intérim, Crit Intérim, Kelly Service, Manpower, Védior France…


CONSULTER
 > Handicap : comment intégrer la diversité dans l’entreprise ? (recrutement, suivi, acteurs et sources de financement…) / Juillet 2008

> Handicap : un enjeu stratégique – Les bonnes pratiques / Juillet 2008